Génération la plus stressée : impact et solutions pour réduire le stress

Oubliez la courbe du bonheur : les chiffres s’inversent et s’affichent en rouge. Près de 60 % des jeunes adultes déclarent ressentir un niveau de stress élevé dans leur vie quotidienne, selon une étude menée en 2023. Cette génération affiche un taux de burn-out supérieur à celui de ses aînés, malgré une plus grande sensibilisation aux questions de santé mentale.

Les facteurs de pression au travail, la précarité économique et l’omniprésence du numérique alimentent un climat d’anxiété persistant. Face à cette réalité, des stratégies concrètes émergent pour limiter l’impact du stress et améliorer le bien-être psychologique au sein des entreprises.

Pourquoi la génération Z ressent-elle autant de pression aujourd’hui ?

Il ne s’agit pas d’une formule toute faite : la génération la plus stressée porte bien son nom. Selon Deloitte, près d’un jeune adulte sur deux vit avec un stress quasi permanent. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un enchevêtrement de causes contemporaines et sociales.

Parmi les coupables désignés, les réseaux sociaux tiennent la tête d’affiche. Déferlante d’images idéalisées, standards de réussite hors de portée, pression pour afficher une vie parfaite : l’estime de soi vacille. La dernière enquête Common Sense Media montre que six adolescentes sur dix se sentent moins confiantes après avoir fait défiler leur feed. Jonathan Haidt, dans « Génération anxieuse », ne mâche pas ses mots : le digital joue un rôle direct dans l’augmentation des problèmes de santé mentale chez les jeunes.

Impossible d’ignorer la dépendance aux écrans et le « doomscrolling » : ce réflexe de scruter sans fin des contenus souvent anxiogènes. Résultat, la peur de passer à côté de quelque chose s’ajoute à la saturation mentale. À ce cocktail s’ajoute une éco-anxiété grandissante : nombreux sont ceux qui s’interrogent sur leur avenir et remettent en cause leurs choix à la lumière des enjeux climatiques.

La pandémie de Covid-19 a aussi laissé une empreinte durable. Isolement, précarité, embûches à l’insertion professionnelle : la fragilité s’est installée. Selon IPSOS BVA, un jeune sur cinq a déjà été paralysé par le stress au point de ne pas pouvoir travailler. Eliza Filby, experte des générations, décrit une jeunesse lucide, connectée, mais marquée par la répétition des crises.

Stress, burn-out et anxiété : décryptage des causes au travail

La vie professionnelle des jeunes adultes, et plus particulièrement celle de la génération Z, se heurte à des défis inédits. Le stress au travail atteint des sommets : selon Cigna International Health, 91 % des 18-24 ans ressentent de l’angoisse dans leur environnement pro. Le burn-out surgit dès l’entrée sur le marché du travail, forçant parfois à tout quitter. D’après une enquête du GHU Paris et de l’Ifop, 20 % des jeunes actifs ont déjà claqué la porte pour ménager leur santé mentale.

Pourquoi cette pression ? Plusieurs raisons s’imbriquent et se renforcent. Pression sur les résultats, reconnaissance qui se fait attendre, manque de perspectives, surcharge d’informations, hyperconnexion : la liste s’allonge. La frontière entre vie personnelle et attentes professionnelles s’efface. Les entreprises, elles, tâtonnent pour endiguer l’hémorragie.

Voici les principales failles du monde du travail actuel qui alimentent le stress :

  • Formation des managers souvent inadéquate sur la question du bien-être psychique
  • Espaces de dialogue et de confiance encore trop rares
  • Organisation du travail qui peine à s’adapter à la diversité des parcours

Désormais, le bien-être psychologique devient un critère de choix, parfois avant la sécurité de l’emploi. Les jeunes attendent des actes, pas des promesses. Les psychologues voient défiler une nouvelle génération déterminée à ne plus sacrifier sa santé. Les entreprises, au pied du mur, doivent revoir leur copie pour éviter de voir partir leurs forces vives ou multiplier les arrêts maladie.

Peut-on vraiment améliorer son bien-être quand tout va trop vite ?

Les jeunes adultes refusent la résignation et réclament des repères concrets pour préserver leur santé mentale dans une société où tout s’accélère. La frontière entre vie privée et vie professionnelle se fait de plus en plus mince, et face à la pression, l’équilibre devient une quête quotidienne. Selon Deloitte, près de la moitié de la génération Z se dit stressée en permanence. Impossible de fermer les yeux : la prévention est devenue une réalité vécue, plus qu’un simple mot d’ordre.

Face à cette cadence effrénée, l’objectif est de s’accorder des pauses sans pour autant s’effacer. Les dernières études insistent sur l’enjeu de la diversité émotionnelle : accueillir toute la palette des émotions, apprendre à ne pas les étouffer, limiterait les risques de troubles dépressifs. La génération Z remet en cause la tyrannie de la productivité. Ce qu’elle veut ? Du sens au travail, de la souplesse, un environnement où la santé ne passe pas au second plan.

Parmi les stratégies adoptées, certaines reviennent souvent :

  • Mise en place de routines pour récupérer et souffler régulièrement
  • Maîtrise de l’usage des écrans et des réseaux sociaux, loin de la consommation passive
  • Appui sur un accompagnement psychologique dès les premiers signaux de fatigue

Chacun compose avec ses propres outils, souvent à contre-courant des modèles traditionnels. Les jeunes ne se contentent plus d’attendre que les entreprises agissent : ils cherchent, testent, partagent, et revendiquent la prise en compte de leur diversité émotionnelle. Pour eux, le bien-être se construit dans l’équilibre subtil entre recul et implication, loin des recettes toutes faites.

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Des solutions concrètes pour prendre soin de sa santé mentale au quotidien

Pour la génération la plus stressée, le stress n’a plus rien d’une fatalité à subir en silence. Face à la pression, les jeunes adultes mettent en place des pratiques nouvelles. L’intérêt croissant pour la thérapie EMDR en est l’illustration : cette méthode, recommandée pour l’anxiété et les traumatismes, attire une jeunesse en quête d’outils efficaces et personnalisés. Roxanne Rossi, spécialiste de l’EMDR, reçoit de plus en plus de jeunes adultes, preuve que la santé mentale s’impose enfin dans le débat public.

L’engagement au quotidien, qu’il soit social ou environnemental, donne aussi du sens. Danone réduit massivement son empreinte carbone, Salesforce accorde des jours pour faire du bénévolat : des initiatives qui rencontrent l’adhésion d’une génération attachée à la flexibilité et à la reconnaissance. L’accompagnement psychologique, longtemps marginalisé, s’affirme comme une attente légitime. Les entreprises commencent à comprendre qu’un environnement flexible, attentif à la diversité émotionnelle, réduit le risque de burn-out et de stress chronique.

Jonathan Haidt, dans son ouvrage phare, analyse la place du digital et propose des solutions éducatives. Apprendre à gérer ses émotions, bénéficier d’un accompagnement individuel, s’accorder des temps de déconnexion : autant de leviers pour retrouver une santé mentale solide.

Voici quelques pistes à explorer pour agir concrètement :

  • Sollicitez un accompagnement psychologique sans attendre que le mal-être s’installe.
  • Demandez davantage de flexibilité au travail pour préserver votre équilibre.
  • Investissez-vous dans des actions sociales, véritables antidotes à l’isolement.

À l’heure où l’anxiété semble s’installer partout, la génération la plus stressée tire un fil nouveau : celui de l’audace, du partage et d’une vigilance accrue sur sa santé mentale. Le mouvement est lancé. Reste à voir jusqu’où il nous portera, et quelles formes prendra la prochaine vague d’initiatives pour desserrer l’étau.

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